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Formulaire de soins aux Personnes Agées

Allongement de l'intervalle QT et torsades de pointes

Littérature consultée à la date du : 30/06/2014

Source: Répertoire Commenté des Médicaments CBIP 2015, reproduit avec permission

Les torsades de pointes sont des tachycardies ventriculaires, généralement associées à un allongement de l'intervalle QT à l'électrocardiogramme (ECG), et dont l'issue peut être fatale. C'est pourquoi on accorde une attention particulière à l'allongement de l'intervalle QT provoqué par des médicaments. Le lien entre un allongement de l'intervalle QT à l'ECG et l'apparition d'une arythmie est cependant un processus complexe, et l'arythmie ne survient généralement qu'en présence de plusieurs facteurs de risque. Le lien entre l'allongement de l'intervalle QT et la survenue de torsades de pointes est le plus évident pour les antiarythmiques disopyramide, quinidine et sotalol; en revanche, l'amiodarone (malgré l'allongement évident de l'intervalle QT) ne provoque que rarement des torsades de pointes. Certains médicaments sans visée cardiaque peuvent également allonger l'intervalle QT; la survenue de torsades de pointes avec ces médicaments est toutefois rare et ne surviennent généralement qu'en présence de facteurs de risque supplémentaires. Les facteurs de risque d'allongement de l'intervalle QT et de torsades de pointes sont les suivants: âge > 65 ans, sexe féminin, cardiopathies (insuffisance cardiaque, ischémie, bradycardie, bloc auriculo-ventriculaire du deuxième et troisième degré), troubles électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie). Il existe aussi un syndrome du QT long congénital.

Un allongement de l'intervalle QT a été décrit avec la terfénadine et l'astémizole, des antihistaminiques H1 qui ne sont plus disponibles; pour les antihistaminiques H1 introduits plus récemment, les données sont rassurantes. La liste ci-dessous reprend les médicaments les plus fréquents ayant un risque avéré d'allongement de l'intervalle QT .

 

Antiarythmiques

  • Surtout les antiarythmiques de classe IA (disopyramide) et de classe III (amiodarone, sotalol), mais l'amiodarone ne provoque que rarement des torsades de pointes.
  • Moins fréquemment les antiarythmiques de classe IC (tels que le flecaïnide p. ex.)
  • Dompéridone (voir Folia de juin 2013; surtout avec des doses > 30 mg par jour)
  • Ondansétron (surtout à doses élevées par voie intraveineuse)
  • Dégarélix
  • Méthadone
  • Antipsychotiques (surtout le dropéridol, le pimozide, le sertindol et l'halopéridol à doses élevées)
  • Antidépresseurs
    • Antidépresseurs tricycliques (surtout en cas de surdosage)
    • Citalopram et escitalopram
  • Atomoxétine
  • Rétigabine
  • Tétrabénazine

Médicaments anti-infectieux

  • Érythromycine (surtout par voie i.v.), azithromycine, clarithromycine, télithromycine
  • Moxifloxacine et lévofloxacine (dans une moindre mesure également la ciprofloxacine, la norfloxacine et l'ofloxacine)
  • Bédaquiline
  • Amphotéricine B (surtout à doses élevées et en perfusion rapide)
  • Chloroquine et hydroxychloroquine
  • Artéméther + luméfantrine
  • Arténimol + pipéraquine
  • Pentamidine
  • Certains inhibiteurs de la protéase virale (atazanavir, lopinavir, saquinavir)

Antitumoraux

  • Trioxyde d'arsenic
  • Inhibiteurs de la tyrosine kinase