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Formulaire de soins aux Personnes Agées

Cystite

Littérature consultée à la date du : 31/03/2017

Le triméthoprime est un premier choix de traitement. 

Traitement

Sélectionné

Le triméthoprime est un premier choix de traitement face à une bactériurie symptomatique tant chez la femme que chez l’homme (sauf en cas de suspicion de prostatite associée).

Les réactions allergiques graves observées avec l’association fixe de triméthoprime/sulfaméthoxazole (cotrimoxazole), liées au sulfaméthoxazole, ainsi que l’existence de résistances et d’alternatives possibles, ont écarté en Belgique cette association fixe des recommandations en tant que premier choix dans le traitement des infections urinaires en première intention de traitement. Le guide de pratique de SIGN$​​​​​​mentionne le trimethoprime (ou la furadantine) comme premier choix, chez la femme, en précisant que le triméthoprime est aussi efficace que le cotrimoxazole dans cette indication.

Nous considérons que pour notre population-cible, les personnes (fort) âgées avec une fonction rénale souvent altérée, la nitrofurantoïne n’est pas un premier choix de traitement des infections urinaires (voir traitement à éviter).

Chez la femme, une durée de 3 jours de traitement avec le triméthoprime est consensuelle. Une synthèse de la Cochrane Collaboration montre une absence de différence entre des traitements courts (3 à 6 jours) et des traitements plus longs (7 à 14 jours) pour les échecs thérapeutiques à court terme$​​​​​​​​​​​​​​. Le triméthoprime n'est pas disponible en spécialité et doit être préparé en magistrale (voir fiche du médicament).

Chez l’homme (tous âges confondus), en l’absence d’étude de bonne qualité, le guide de pratique de SIGN mentionne un traitement de 7 jours avec le triméthoprime ou la nitrofurantoïne mais recommande une quinolone en cas de suspicion de prostatite.

Médicaments sélectionnés

Sur base de 2 RCT les estrogènes vaginaux semblent réduire le nombre d’infections urinaires chez les femmes ménopausées qui présentent des infections urinaires récidivantes. Le NHG-Standaard recommande l'utilisation locale d’estrogènes dans cette situation. Il n’y a pas de preuves au sujet de la durée de traitement$​​​​​$​​​​​. L’estriol sous forme local est sélectionné.

Médicaments sélectionnés

A prendre en considération

La mise en place d’un cathéter urinaire doit toujours se faire dans les conditions d’asepsie requises. Ce cathéter ne sera placé qu’en cas de nécessité absolue et laissé en place pendant la durée la plus courte possible. Si ce cathéter est laissé en place pour une durée prolongée, il n’est pas prouvé qu’un rinçage vésical ou une toilette périnéale par antiseptique, antibactérien ou eau savonneuse réduise le risque d’infection urinaire$​​​​​. Toute toilette du méat augmente le risque de bactériurie. Lors du port d’un cathéter urinaire une antibiothérapie n’est indiquée ni en prévention ni comme traitement d'une bactériurie asymptomatique en raison de l’absence d’efficacité démontrée et vu le risque d’effets indésirables et d’émergence de germes résistants$​​​​​. Une antibiothérapie prophylactique lors du retrait du cathéter pourrait être utile (NST = 17 ; IC95% de 12 à 30)$​​​​​.

Pour les infections urinaires récidivantes (sans causes sous-jacentes), un traitement anti-infectieux prophylactique pendant 6 à 12 mois permettrait de réduire le taux de récidives, mais les preuves sont de faible niveau$​​​​​​. Le triméthoprime est un premier choix en cas d’usage prolongé, vu le risque moindre d’effets indésirables par rapport à la nitrofurantoïne$​​​​​​.
 

Non sélectionné

  • Une synthèse méthodique de la Cochrane Collaboration ne montre pas de preuve de l’intérêt d’un traitement préventif par des extraits de canneberge, particulièrement chez les personnes âgées ou porteuses d’un cathéter urinaire$​​​​​​​​. 
  • Une étude effectuée auprès de personnes âgées vulnérables en MRS ne montre pas d’efficacité préventive sur des critères stricts d’infection$​​​​​​​​.
  • Une RCT incluant des femmes âgées d’au moins 65 ans en MRS, avec ou sans bactériurie + pyurie initiale, ne montre pas de bénéfice de l’administration de capsules de canneberge en prévention des bactériuries avec pyuries$​​​​​.
  • Il n’existe pas d’étude de méthodologie correcte évaluant l’efficacité d’extrait de canneberge pour traiter une infection urinaire$​​.

Conclusion 

  • Nous ne disposons pas, à l’heure actuelle, de preuves d’une efficacité de l’administration d’extraits de canneberge en prévention des infections urinaires chez les personnes âgées.
  • Il y a une absence d'études évaluant l'efficacité de la canneberge en traitement d'une cystite. 

Etant donné ses effets indésirables potentiels parfois graves (hépatiques, pulmonaires, dont certains d’origine immuno-allergique) et le risque de toxicité plus élevé en cas de fonction rénale altérée, la nitrofurantoïne n’est pas un premier choix de traitement des infections urinaires chez la personne âgée (voir FormulR/info : Infections urinaires chez la personne âgée.).

La nitrofurantoïne reste un médicament généralement actif contre les germes les plus fréquents en cas d’infection urinaire basse non compliquée, malgré 60 ans d’utilisation. Elle reste recommandée en usage court dans plusieurs guides de pratique et consensus (dont les recommandations de la BAPCOC) tout en étant fort déconseillée à cause de ses effets indésirables potentiels, parfois graves (hépatiques, pulmonaires dont certains d’origine immuno-allergique) par l’Agence française du médicament (AFSSAPS) qui a conclu à la contre-indication de la nitrofurantoïne en traitement prolongé (continu ou séquentiel) à sa non utilisation en prévention en raison des risques disproportionnés et à une utilisation en traitement curatif des cystites uniquement chez la femme et lorsqu’aucun autre antibiotique oral ne présente un meilleur bénéfice/risque$​​​​​​​​. Une synthèse de la littérature effectuée en 2015 montre que les effets indésirables sévères de la nitrofurantoïne restent rares et semblent liés à la durée du traitement prophylactique$​.

Nous considérons que pour notre population-cible, les personnes (fort) âgées avec une fonction rénale souvent altérée, la nitrofurantoïne n’est pas un premier choix de traitement des infections urinaires.

Etant donné le manque d’études de qualité correcte effectuées dans une population spécifiquement âgée​​, le risque d’accumulation de ce médicament en cas de fonction rénale altérée et son coût plus élevé, la fosfomycine ne constitue pas un premier choix pour le traitement d’une infection urinaire basse chez la personne âgée$​.

Les preuves sont insuffisantes pour recommander des probiotiques à base de lactobacillus en prévention d’infections urinaires récidivantes$​​$​​.